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Votre fidélité sera (peu) récompensée
Depuis peu, les taux d'intérêt sur les comptes d'épargne bougent enfin. Mais derrière ces belles promesses de taux d'intérêt, il faut bien lire les petites lignes.
20 mai 2026
Paragraphe actualités

Depuis quelques semaines, plusieurs banques ont annoncé revoir leurs conditions à la hausse. Ce sont d’abord des « petites » banques, essentiellement en ligne, qui ont annoncé revoir à la hausse les taux d’intérêt.

Il y a deux semaine, BNP Paribas Fortis tente un coup d’éclat avec le compte d’épargne Boost : un taux de base de 1,40 % assorti d’une prime de fidélité de 1,50 %, soit la meilleure offre du marché. Sauf que pour bénéficier des deux taux (enfin surtout de la prime de fidélité), il faut que l’argent reste sur le compte pendant au moins douze mois. Et bien sûr, la banque limite les versements à 500 euros par mois.

Même si vous y versez le maximum autorisé, soit 6 000 euros au cours de l'année, la prime de fidélité ne s’appliquera qu’aux montants sur le compte depuis an un. Vous n’aurez donc pas l’occasion de profiter de cette fameuse prime de fidélité. « À titre de comparaison, celui qui place directement 6 000 euros sur le compte MeDirect Essential Epargne atteint 6 120 euros après un an, malgré un taux total de 2% contre 2,90% pour le Compte Boost de BNP Paribas Fortis », rappelle l’association de défense des consommateur·rice·s Testachats.

Quelques jours plus tard, c’est à la banque vdk d’annoncer une amélioration de la rémunération d’un de ses comptes d’épargne avec un taux de base est de 1,45 %, et la prime de fidélité est de 1,5 %. Mais le compte, lui aussi, limite les versements à 500 euros par mois.

Le problème avec l'épargne belge

Quand un ménage a besoin de retirer des sommes de son compte d’épargne plusieurs fois par an pour payer des factures non récurrentes ou faire face à une dépense imprévue (soit le principe même de l'épargne de précaution) il ne peut pas trop compter sur la prime de fidélité. La prime de fidélité n’étant accordée qu’à la date anniversaire de chaque dépôt, l’épargnant·e la perd immédiatement à chaque retrait. Mais surtout, la prime de fidélité est un frein à la mobilité dans un monde où les banques belges se livrent déjà à très peu de concurrence.

Lorsqu’on envisage d’aller voir ailleurs si le taux n’est pas meilleur, il faut déjà pouvoir comparer. Faut-il additionner taux de base et prime ? Sur quelle durée ? Avec quelles conditions de dépôt mensuel ? La plupart des épargnant·e·s restent dans leur banque habituelle, faute de pouvoir évaluer clairement ce qu'ils et elles y gagnent ou y perdent. Et lorsqu’on est certain d’y gagner plus, encore faut-il prendre en compte que l’on risque de perdre ses primes en cours de constitution dans sa banque actuelle.

La Belgique figure parmi les pays où le taux d’intérêt sur les comptes d’épargne est le plus bas. Avec une moyenne de 0,70 %, nos comptes sont loin derrière nos voisin·e·s français·s ou néerlandais·es qui affichent des taux moyens respectivement supérieurs à 1,50 % et 1,20 %. Est-ce surprenant ? Pas vraiment. Cela fait de nombreuses années que l’on sait que les banques belges roulent en peloton et refusent de se faire concurrence sur le sujet. La dernière fois que nous avons vu une inflation importante, entre 2022 et 2023, les banques ont rapidement fait évoluer les taux des crédits hypothécaires. A l'inverse, la répercussion de la hausse sur les comptes d'épargne a été « lente et incomplète »  à en croire l'Autorité belge de la concurrence. Notamment comparé aux autres pays de la zone euro. Fin 2023, date de la dernière hausse des taux annoncée par la Banque centrale européenne, le taux d’intérêt moyen sur l’épargne était de 0,55 % en Belgique, contre 1,32 % aux Pay-Bas ou 2,41 % en France.

 

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