19 %. C'est la part des femmes aux postes de direction des grandes institutions financières mondiales en 2026. À en croire le dernier rapport du Forum officiel des institutions monétaires et financières (OMFIF) qui publie son 13ème indice sur le genre, il s’agit d’un record.
Si ce chiffre reste faible, il faut noter la tendance. En 2025, les femmes représentaient 16 % des postes de direction. En 2024, cette proportion atteignait seulement 14 %. « Malgré les craintes que le rejet des mesures en faveur de la diversité et de l'inclusion observé en 2025 ne nuise à la représentation des femmes aux postes de direction, les institutions financières du monde entier ont fait état d'une légère amélioration dans l'indice de parité entre les sexes », rassure l’OMFIF.
Pour pouvoir arriver à un chiffre, le Forum a analysé les données de plus de 300 institutions, allant des banques commerciales aux banques centrales en passant par les gestionnaires de fonds. Elle a identifié 6 000 personnes et passé au crible les postes à responsabilité. Environ la moitié des institutions analysées ont amélioré leur résultat, avec des différences selon les secteurs. Les banques centrales et les fonds souverains ont enregistré des progrès notables. En revanche, les fonds de pension ont vu reculer le nombre de femmes aux postes de tête et les banques commerciales n'ont enregistré aucune évolution.
En réalité, lorsque l’on regarde les postes de direction au sens large, les femmes représentent un tiers des effectifs. Mais aux postes à très haute responsabilité, ce pourcentage baisse fortement.
Il ne s’agit pas d’une question de compétence mais de structure. Les obstacles sont nombreux et bien documentés : inégalités salariales persistantes, absence de congés parentaux équitables, pénurie de modes de garde accessibles, processus de recrutement opaques, culture du réseau informel qui favorise la cooptation. Sans s’attaquer à ces problèmes structurels, il faudrait 22 ans pour atteindre la parité dans les instances dirigeantes. Soit toute une génération de femmes qualifiées, formées et disponibles mais tenues à l'écart.
Le rapport de l'OMFIF insiste sur le rôle des politiques publiques. Car on sait que là où les cadres légaux garantissent davantage d’égalité, les femmes accèdent plus souvent à responsabilités économiques réelles. Et compter sur la bonne volonté des secteurs privés est utopique. Treize pays ont par exemple introduit ou renforcé des quotas de genre dans les conseils d'administration. Mais pendant que certains avancent, d'autres reculent. Aux États-Unis, le démantèlement des programmes DEI (Diversité, parité et inclusion, en français) sous pression politique ont créé des effets de contagion au-delà des frontières
Pourtant, le rapport rappelle aussi que plus de femmes aux postes importants n'est pas juste un objectif symbolique. C'est une question d’efficacité bien documentée. Les institutions financières les plus diverses prennent de meilleures décisions. Elles ont en effet tendance à mieux gérer les risques, prendre en compte les effets à long terme et résistent mieux aux crises.