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L'Edito : Se battre… pour des moulins !
L’Union européenne demande aux États membres de créer davantage d’opportunités pour la participation citoyenne directe dans les énergies renouvelables.
11 juin 2026
Paragraphe actualités

Quatre ans après l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la crise énergétique qu’elle a déclenchée, la guerre contre l’Iran a de nouveau mis en lumière la vulnérabilité des pays européens face aux importations d’hydrocarbures. Ce n’est pourtant pas une fatalité : en Europe, le solaire et l’éolien ont à eux seuls, en 2025, permis de produire pour la première fois davantage d’électricité que toutes les énergies fossiles réunies.

Pour confirmer cette tendance, l’Union européenne demande aux États membres de créer davantage d’opportunités pour la participation citoyenne directe dans les énergies renouvelables, notamment en donnant une place aux groupements citoyens dans les procédures de marchés publics. Ceux-ci n’ont, du reste, pas attendu ce signal : en Belgique, les encours de finance solidaire orientés vers la production et la distribution d'énergie ont été multipliés par 21 au cours des dix dernières années !

Ce sont plus de 125 000 familles belges qui sont concernées, réparties dans 34 coopératives énergétiques locales. Au travers de la structure SeaCoop, elles ont déjà investi dans le parc éolien Northwind et des citoyen·ne·s sont déjà co-propriétaires de 5 éoliennes offshore. Cette participation citoyenne offre à la fois une forme de financement compétitif par la mobilisation d’un capital local et stable, un renforcement de l’indépendance énergétique de notre pays et une réelle plus-value sociétale. Cette opinion ne semble toutefois pas partagée par le ministre de l'Énergie qui a supprimé la participation citoyenne obligatoire dans la prochaine vente aux enchères d’une concession pour construire un parc éolien offshore en mer du Nord belge.

Quelques jours plus tard, le gouvernement fédéral, dont nombre de membres ont pourtant été biberonnés aux vertus du libre marché, annonçait avoir signé une lettre d’intention concernant « l’acquisition potentielle par l’État belge de l’intégralité des activités nucléaires d’Engie ». En d’autres termes une nationalisation !

Cette séquence illustre la collision de deux logiques. Celle centralisée d’une majorité politique démocratiquement élue qui prône des économies dans presque tous les secteurs essentiels de notre société mais semble prête à injecter des milliards d’argent public dans les anciennes centrales nucléaires. Et la logique économique décentralisée, portée par des coopératives citoyennes qui agissent localement et sur base volontaire pour accélérer la transition énergétique de notre pays en misant sur un modèle durable, solidaire et local.

L’enjeu qui se présente à nous porte évidemment sur les choix technologiques qui vont influencer notre indépendance énergétique et notre santé, mais il concerne aussi et plus fondamentalement encore notre capacité à préserver des sphères de délibération et de démocratie dans l’économie au travers de la finance solidaire.
 

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