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Belfius et KBC se disputent Ethias
Troisième assureur du pays, l'entreprise liégeoise attire toutes les convoitises. Enfin surtout deux.
10 août 2026
Paragraphe actualités

KBC et Belfius, deux poids lourds de la bancassurance, rêvent de mettre la main sur Ethias. KBC a officiellement manifesté son intérêt auprès du gouvernement alors que les bruits de couloir d’un rapprochement Belfius-Ethias se font encore entendre.

Pour comprendre pourquoi le gouvernement s’en mêle, il faut remonter à l'automne 2008. En pleine tourmente financière mondiale, le portefeuille d’Ethias est fortement exposé aux actions et obligations du secteur privé et accuse d'importantes pertes de valeur. L’assureur subit une perte de confiance de ses assuré·e·s et fait face à une vague de retraits massifs de liquidités. L’État finit par injecter 1,5 milliards d’euros pour sauver Ethias.

En contrepartie, l’assureur doit cesser certaines activités, diminuer ses risques et réduire son bilan. C'est de cette restructuration qu'est né l'Ethias actuel : un assureur recentré, dont l'actionnariat public est partagé entre l'État fédéral, la Région wallonne et la Région flamande. Le reste (environ 10 %) appartient à la coopérative EthiasCo ou sont rassemblées des communes, des intercommunales ou des provinces.

Vingt ans plus tard, l'avenir d'Ethias revient au premier plan. Le gouvernement fédéral, via la Société fédérale de participations et d'investissement (SFPIM, le bras financier de l'État) pense qu’il faut trouver un partenaire à l’assureur. Elle sonde alors les Régions wallonne et flamande sur leur volonté de céder leurs parts.

Il faut dire que certains politiques insistent depuis des mois, ou plutôt des années, sur un rapprochement entre Ethias et Belfius pour créer un (encore plus) grand groupe de bancassurance belge, oubliant presque que Belfius possède ses propres activités d’assurance. Ce rapprochement était même devenu, pour certains, la condition sine qua non à la privatisation partielle de Belfius. 

Finalement, l’expertise mandaté par le gouvernement juge que le scénario d’une cession d’Ethias est prématuré. Il faut d’abord laisser le temps à Belfius de digéré la cession de 20 % de son capital avant d’envisager une fusion.

Qu’à cela ne tienne, KBC revendique désormais ouvertement le rachat total de l'assureur liégeois. Son CEO Johan Thijs a été sans ambiguïté début août, lors de la présentation des résultats semestriels du groupe. Il a affirmé vouloir « le contrôle total », écartant toute participation minoritaire ou tout partage du capital avec des actionnaires publics. KBC attend une position claire du gouvernement fédéral d'ici la fin de l'année. Le groupe affiche des moyens financiers solides pour appuyer son ambition. D'autres acteurs, comme Ageas et P&V, ont eux aussi manifesté un intérêt, sans toutefois peser autant dans le rapport de force actuel.

Une reprise par KBC, acteur flamand, ferait immédiatement basculer le débat sur le terrain communautaire, alors qu'Ethias reste profondément ancrée à Liège. À ce stade, aucune décision politique n'a été actée. 
 

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