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Indexation des salaires des patrons de banques
Ensemble, les patrons de KBC, BNP Paribas Fortis et Belfius ont gagné 7,5 millions d'euros en 2025, soit 6 % de plus que l'année précédentes.
15 avril 2026
Paragraphe actualités

Il y a quelque chose de presque rituel dans la publication des rapports annuels bancaires. Chaque printemps, en plus de se demander combien les banques ont gagné, la presse de délecte de la rémunération des banquiers belges. En 2025, les patrons des trois plus grandes banques belges (Belfius, BNP Paribas Fortis et KBC) ont collectivement empoché 7,5 millions d'euros brut — soit 6% de plus qu'en 2024. Apparemment, les patrons de banque ne sont pas soumis à l’indexation partielle des salaires.

Johan Thijs règne sans partage sur ce classement. Le CEO de KBC a perçu 4,23 millions d'euros l'an dernier, dont 74% en salaire fixe. C’est 36 fois le salaire moyen d’un employé belge de KBC (118.000 euros), rappelle L’Echo. C’est bien, mais seulement 3% de plus que l’année précédente. Pour rassurer tout le monde, KBC a annoncé que les salaires de la direction seront revalorisés en 2026 pour les « aligner avec les pairs du secteur ». Pour Johan Thijs, cela représentera 900 000 euros supplémentaires. De quoi se rapprocher un peu des standards européens. Ana Botin (Santander) a perçu 14,8 millions d'euros en 2025 ; Andrea Orcel (UniCredit) et Sergio Ermotti (UBS), 16,4 millions chacun, selon les données compilées par L'Echo.

Chez BNP Paribas Fortis, Michael Anseeuw a touché 1,78 million d'euros, en hausse de 18 %. Bien joué, d’autant que le résultat net de la banque, lui, a reculé de 12% par rapport à l’année précédente. Mais cette mauvaise nouvelle serait due à des facteurs exceptionnels (une dépréciation de véhicules et l’inflation en Turquie). Rien à voir avec le leadership de Michael Anseeuw puisque les affaires belges, elles, se portent bient.

Du côté de Belfius, banque détenue à la banque détenue à 100 % par l’État, Marc Raisière finit son mandat (il quitte ses fonctions pour passer le relais à Olivier Onclin) avec une rémunération de 1,49 millions d’euros, en hausse de 2 %. Il se place derrière les patrons de KBC et BNP Paribas Fortis, mais obtient tout de même le titre de mandataire public le mieux payé du pays.

 

Pour aller plus loin

Le Scan des banques étudie la politique des rémunération des banques en Belgique.

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Êtes-vous favorable à l'idée de taxer les intérêts de l'épargne de la même manière que les revenus du travail ?

"Je suis étonnée de votre question. Il y a plus grave à dénoncer avec le gouvernement actuel ! Avec l'inflation, on perd généralement de l'argent avec ce type de placement ! Si, en plus, on doit payer des impôts ! Par contre, il faudrait vérifier si cela ne profite pas aux banques. La rémunération de l'épargne en Belgique est particulièrement faible (voir stat. BCE)

C'est le seul moyen d'épargne pour un jeune qui souhaite acheter un logement et qui ne peut pas risquer ses économies ou viser le long terme! Cela reste aussi le seul moyen d'épargne des moins nantis et des moins instruits. Les très riches ont des conseillers et d'autres moyens de placer leur argent (et de ne pas payer l'impôt) ! Il dépasseraient de toute façon le plafond. Il y a déjà une exonération pour les dividendes. Avant, cela concernait les entreprises coopératives agréées, maintenant, vous l'avez même si vous investissez dans l'industrie de l'armement !

Vous feriez mieux de vous intéresser à d'autres "niches" fiscales et sociales telles que les sociétés de management, le travail étudiants (il n'étudient plus et la durée "allongée" de leurs études coûte cher à la société !), les flexijobs, les exonérations relatives au travail de nuit et les heures supplémentaires (pour favoriser ce type de travail qui est souvent de l'exploitation !), le plafonnement des cotisations sociale pour les tout hauts salaires... Les aides aux entreprises devrait être évaluées. Les largesses envers l'économie carbonées sont plus scandaleuses que celles envers les épargnants. Si on "globalise", qu'on globalise tous les revenus !"

C. W.

 

"Il est urgent de décider de deux choses au sujet de l'épargne. La première est d'obliger les banques à rémunérer honnêtement l'épargne. Soit à concurrence de 0,5% de moins que leurs taux débiteurs sur comptes. Soit à concurrence du taux de l'inflation (quotidien) augmenté d'un taux minimum à déterminer (par exemple 5 à 10%). La deuxième décision urgente est d'appliquer sur les revenus des épargnes le taux médian ou moyen (à voir) d'imposition des revenus du travail."

Jean-Jacques Corvilain 

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