Chaque seconde, des milliers de virements, de paiements par carte et d’achats validés un clic passent par les banques du monde entier. Elles gèrent les flux d’argent depuis des décennies. Mais depuis peu, elles affrontent un nouvel ennemi : les monnaies numériques.
Un stablecoin, est une cryptomonnaie conçue pour rester stable. Elle utilise la même technologie que le fameux Bitcoin. Mais contrairement à lui dont la valeur est loin d’être stable, ces « jetons » (traduction de coin, en français) sont liés à la valeur d’une devise classique (le plus souvent le dollar). L’idée est la suivante : offrir les avantages techniques des cryptos (rapidité, transferts mondiaux moins chers) sans la peur que la valeur ne s’effondre.
Tout le monde n’en aura pas l’utilité. Mais pour les utilisateur·ice·s qui font des paiements transfrontaliers réguliers, faire ces virements avec des stablecoins plutôt qu’un virement lent et coûteux peut être avantageux. Certaines entreprises affirment déjà les utiliser pour transférer des fonds entre filiales internationales plus vite que via les circuits bancaires classiques.
Problème : ces flux ne plaisent pas aux banques. Elles s’inquiètent en effet que les dépôts bancaires soient transférés vers ces monnaies numériques. Cela n’arrange pas les affaires des institutions financières qui ont besoin de cet argent pour pouvoir accorder des crédits. Le Financial Times évoque un scénario extrême où plusieurs milliers de milliards de dollars migreraient vers les stablecoins. Et pour ne rien arranger, les plateformes qui gèrent ces stablecoins envisagent de verser des intérêts aux client·e·s.
C’en est trop pour les banques qui sont parties en croisade contre ce système parallèle « dangereux » et « non régulé ». Les nouvelles plateformes, elles, accusent les banques de chercher à étouffer cette concurrence. Wall Street contre les cryptomonnaies, la guerre froide monétaire est déclarée selon le Financial Times. L’enjeu dépasse les enjeux technologiques des cryptos ou les frais réduits qu’elles peuvent afficher. Il s’agit de savoir qui contrôlera l’infrastructure monétaire de demain.
Paradoxalement, les banques expérimentent elles aussi ces stablecoins, conscientes que les marchés financiers pourraient un jour fonctionner entièrement sur cette technologie.
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