ING profite d’une tendance bien réelle : les jeunes se tournent vers la bourse de plus en plus tôt. Selon l’Autorité belge des services et marchés financiers (FSMA), on comptait 5 500 jeunes de moins de 30 ans parmi les nouveaux investisseur·se·s en 2019. Deux ans plus tard, ils et elles étaient 12 800 et formaient le groupe le plus important des nouveaux et nouvelles arrivé·e·s.
Le « cadeau » de la banque orange s’accompagne de l’ouverture d’un compte-titres ING Self Invest et du pack ING Go pour les 18-25 ans. Les frais de transaction et taxes boursières restent dus. L’objectif est clairement commercial : recruter et fidéliser une clientèle jeune au moment où elle ouvre ses premiers produits bancaires.
L’éducation financière n’est pas le rôle des banques
Le manque de connaissances financières des jeunes est réel. Mais une banque qui forme ses futur·e·s client·e·s à investir dans ses propres actions ne peut pas prétendre faire de l’éducation et familiariser les jeunes avec les notions d’actionnariat. « L’éducation financière doit être indépendante des intérêts commerciaux du secteur », rappelle Annika Cayrol, codirectrice de Financité.
ING met également en avant le parcours de formation et le test de connaissances que les jeunes devront réussir. Rappelons que la directive européenne MiFID impose à toute banque de faire passer un test de connaissances avant de proposer des instruments financiers, il n’y a donc là aucun effort réel mais juste un respect de la loi.
Devenir actionnaire d’ING : une très mauvaise idée
ING est la banque la moins inclusive du pays pour les personnes non digitalisées, avec seulement 150 agences en Belgique pour 2,5 millions de client·e·s. Le groupe ING a mis 12 milliards de dollars de crédits à disposition de l’industrie fossile en 2025, selon une analyse de FairFin basée sur le rapport international Banking on Climate Chaos 2026. La banque néerlandaise devient ainsi le premier financeur du secteur parmi les établissements actifs en Belgique.
Faire entrer des jeunes dans l’investissement par une action ING, c’est leur faire soutenir une banque qui aggrave la crise climatique dont leur génération subira les conséquences. « Une véritable éducation financière, c’est aussi apprendre à se demander ce que finance son argent », déplore Annika Cayrol.
Financité appelle les jeunes qui recevront ces actions à garder un regard critique sur cette offre et à s’interroger sur l’usage que leur banque fait de leur argent. Il existe des alternatives : épargne et placements éthiques et solidaires, coopératives, banques qui excluent les énergies fossiles.